Les Carencés #26 – La Quête de la Vertu : réponse à Links The Sun et Jihem Doe

Le podcast n°26 est l’occasion pour nous de reposer quelques bases. Depuis deux mois nous retravaillons notre ligne éditoriale, et en voici le résultat : la complaisance envers les représentants de la cause animale, c’est fini. Les formes et discours du militantisme basés sur de l’antagonisme forcé et l’hypocrisie absolue : c’est fini aussi.

Du coup, nous étions face à deux choix : arrêter, tout simplement (et ça a failli arriver) ou tenter une autre approche. Pour en finir avec la malhonnêteté intellectuelle inhérente au discours militant, nous tâcherons désormais d’appliquer un traitement encore plus journalistique, pragmatique et factuel (dans la limite de nos compétences) à nos épisodes. Ce qu’on aimerait lire dans les médias on va le faire nous-mêmes, grosso-modo. Ne vous inquiétez pas, on ne vous épargnera pas nos points de vue pour autant, mais on tentera de les traiter pour ce qu’ils sont : des opinions. Nous n’accepterons plus la soupe végane dans ce podcast.

Il se dégage de notre lecture des auteurs de la cause animale, des tenants des associations et des militants de tous bords un dogmatisme déplacé, un prosélytisme à peine masqué, et des postures qui nous semblent critiquables que nous ne voulons plus faire semblant d’ignorer. Nous ne sommes pas des génies, et nous ne pensons pas avoir tout compris mieux que les autres. Il est simplement devenu vital pour notre équipe de se dissocier de ce discours auquel nous n’adhérons pas et qui nous est de plus en plus nauséabond. Nous sommes attachés plus que jamais à la cause animale, et c’est la raison pour laquelle nous voulons la défendre avec intégrité et honnêteté, et surtout pas en faisant fi de la rigueur scientifique ou de la réalité complexe dans laquelle cette cause doit s’inscrire.

Pour ça, quoi de mieux que de se frotter à la vidéo publiée par Links The Sun, dans laquelle il a posé 20 questions candides à Jihem Doe et auquel l’ancien membre de ce podcast a répondu ? Des réponses avec lesquelles nous sommes parfois en désaccord, et qui nous ont permis d’aborder des aspects du discours végane qui nous dérangent beaucoup. Embarquez dans cette nouvelle version des Carencés, et dites-nous dans les commentaires ce que vous avez pensé de tout ça !

PS : les propos que nous tenons dans cet épisode sont en grande majorité sourcés, aussi nous vous invitons à consulter ces sources, car elles sont plus complètes que les quelques phrases que nous en extrayons parfois. Bonne écoute et bonne lecture donc.


Timecode :

0:07:38 : La Minute de Monsieur Lagopède
0:18:09 : Questions 1 à 10
1:28:21 : La Chronique de Gamsespectrum
1:31:50 : Questions 11 à 20
2:15:32 : Conclusion


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Sources

Question 1 :

Question 2 :

Question 3 :

Question 4 :

Question 5 :

Questions 6 :

Question 7 :

Question 8 :

Question 9 :

Question 10 :

Question 11 :

Question 14 :

Question 16 :

Question 17 :

Question 20 :

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Showing 17 comments
  • Mehdi Benallegue
    Répondre

    Très bon épisode, de la part d’un chercheur qui mange encore de la viande et qui pense que vous avez complètement raison sur pratiquement tout ce que vous dites. Quelques facilités sur le “manger local” des parlisiens, faites gaffe aux arguments faciles !

    • Hermine
      Répondre

      Merci beaucoup ! On dit justement que cet aspect “local” est très complexe à considérer, et que “manger local” à Paris ne veut pas dire grand chose. Comment définir “local”, déjà ? Et puis comment faire en sorte que toute la population parisienne puisse techniquement manger localement ? Gurren questionne tout ça. Donc je ne vois justement pas la facilité là-dedans. C’est plutôt l’argument “il faut manger bio et local” généralement lancé sans aucune autre réflexion pratique et pragmatique qui nous semble être un argument facile et joli. C’est ce qu’on a tenté de critiquer ici : bio et local pour tout le monde, ok, c’est joli, mais en pratique ça se passe comment ? Peut-être est-ce le choix de l’exemple parisien que vous trouvez facile, mais il nous semble justement important de considérer la sécurité alimentaire des régions urbaines, en fait, vu que ce sont elles qui concentrent le plus de population.

  • nor
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    Plus de faits, moins de jugements moralisateurs. C’est la bonne direction à prendre quand on se dit motivé uniquement par la cause animale. Bravo !
    (par contre dès le début de la vidéo on entend que le discours militant est délétère puisqu’il peut faire culpabiliser… un ado qui ne choisit pourtant pas sa nourriture. Mais du coup, on a le droit faire culpabiliser et traiter de monstre ceux qui choisissent de manger de la viande?)
    (à propos de la culpabilisation : on peut tout à fait provoquer chez qqn un sentiment de culpabilité de manière totalement indue, demandez par exemple aux femmes violées).

    Remarque : “on ne s’émeut pas de tondre l’herbe, mais voir un hérisson découpé nous incommode; on mange de la viande mais on se met à défendre les bactéries utilisées pour la synthèse de B12”.

    Ceux qui ont ces arguments ne sont pas en train de dire qu’ils veulent des droits pour les végétaux ou pour les bactéries. Ils rappellent simplement le caractère arbitraire de vouloir placer une “barrière morale” au niveau du règne animal.

    • Hermine
      Répondre

      Merci beaucoup. Par contre attention s’il vous plaît à ne pas détourner, transformer ou extrapoler mes propos pour me faire dire autre chose. Je comprends que le podcast soit dense à écouter, mais ce que vous dites là n’est pas vraiment mon discours.

      • nor
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        Les jugements moralisateurs dans certains discours végans étant probablement la cause majeure de rejet du véganisme, il est important de leur faire la vie dure. En tout cas moi, j’y suis devenu hypersensible, d’où ma réaction 😉

        A mon avis il faut parler davantage de l’empathie, ce phénomène spontané et surtout PERSONNEL qui guide nos comportements. Car non, ce ne sont pas les “raisonnements philosophico-intellectuels” qui nous font nous choquer devant par exemple la torture d’un chat. C’est notre empathie, et elle découle de nos expériences passées.
        C’est pourquoi il n’y a pas de “barrière morale” à placer arbitrairement ici ou là (présence de cerveau, présence de nocicepteur, ou encore intérêt à vivre, etc.), puisque notre sens moral découle de l’empathie, qui nous est personnelle.

        Tout ce qu’il reste à faire, c’est partager des faits, et pourquoi pas aussi nos sentiments, afin de voir si on peut arriver à se mettre d’accord pour éviter telle ou telle pratique.
        Et vous avez l’air d’avoir pris cette voie.

  • HELENE
    Répondre

    Merci pour vos podcasts qui font à chaque fois avancer / remettre en cause la réflexion et le positionnement. Je suis triste toutefois de l’attaque trop personnelle à mon goût portée à l’encontre de JihemDoe dont les punchlines rapides et efficaces me sont très utiles lors de conversations avec des non-vegans. J’entends vos réflexions qui bousculent les poncifs vegans, c’est intellectuellement stimulant mais je regrette l’attaque un peu trop agressive. Vos 2 approches différentes sont très complémentaires et servent toutes 2 mon veganisme. Au plaisir de vous retrouver prochainement, en complément des vidéos de Jihem et autres.
    Bel été à vous

    • Hermine
      Répondre

      Merci beaucoup pour votre écoute et votre retour !

      Il n’y a aucune attaque personnelle contre Jihem. Si un autre intervenant avait prononcé exactement les mêmes propos, on aurait répondu exactement la même chose. Je suis prête à parier que si on avait répondu à une vidéo anti-végane de la même manière, les personnes qui nous parlent aujourd’hui d’attaque nous auraient félicités pour notre bienveillance.

      Ce n’est pas non plus un problème d’approche, mais de fond. Si une partie du discours est malhonnête ou fausse, désolée mais on ne laissera pas passer sans rien dire, surtout si on y est associé.

      Nous avons été cités par Links quand il a sorti sa vidéo, or nous ne sommes pas d’accord avec une partie du discours. Nous l’avons contacté pour l’aider à faire son commentaire et n’avons pas eu de retour en ce sens, ce que je comprends, vu tout ce qu’il a dû gérer. Mais il est aussi essentiel pour nous de dire sur quoi on se rejoint dans sa vidéo (et de développer ou de nuancer en fonction, puisqu’on n’a pas de contrainte de temps) et sur quoi on se rejoint moins ou pas du tout. Et d’expliquer pourquoi.
      On s’écarte aussi parfois des mots de Jihem pour aborder des points courants dans le discours végane qui nous dérangent. Et dans ce cas on le précise aussi.

      Cette vidéo nous a donc servi de base (légitimement puisque mentionnés) pour faire une autocritique publique qui, je pense est vraiment devenue nécessaire. Il s’agit parfois même de propos que certains d’entre nous dans la team ont eus, donc encore une fois, aucune attaque personnelle. On veut juste un discours qui, à défaut d’être parfait, soit au moins honnête sur le plan intellectuel et considère au minimum la complexité de tous les enjeux et de la réalité.

      Bel été à vous aussi.

  • Emilie
    Répondre

    Je vous (re)découvre avec cet épisode (j’avais dû voir passer ceux de la saison 1 mais je ne sais plus si je les avais écoutés), et franchement je vous remercie pour votre exigence de rigueur et de neutralité. Moi qui étais ravie de voir Links aborder le sujet du véganisme, je n’ai pas pu écouter la vidéo jusqu’au bout tellement les approximations et le ton autoritaire m’ont dérangée, alors que je suis végane (du coup ça me déprimait d’imaginer la réaction des non-végé…). Beaucoup de véganes ont tendance à faire passer la cause avant tout, y compris l’exactitude des arguments et des faits avancés, ce qui, à terme, nuit énormément au débat et à la crédibilité du mouvement. J’espère que votre nouvelle ligne éditoriale apportera de la nuance à tout ça et donnera envie à d’autres véganes de faire preuve de plus de rigueur et d’honnêteté dans leur démarche militante. Ça nous serait bénéfique à tous.
    Au plaisir d’écouter les prochains épisodes !

  • Akkyshan
    Répondre

    Excellent podcast !
    Vraiment très intéressant. Je suis végane depuis 4 ans, et j’ai encore appris des choses grâce à vous ! Tandis que j’avais eu tout bon au quizz de LinksTheSun (vidéo d’introduction à son point culture)

    Le format est vraiment super, le côté beaucoup plus critique est vraiment agréable. Pour ma part, je ne me retrouvais plus tellement dans le discours végane classique depuis quelques temps. Je suis heureuse de voir que je ne suis pas seule !

    Bref, merci pour cet excellent moment !

  • laure
    Répondre

    merci pour cette émission passionnante et très clair!

  • L'Olf
    Répondre

    Le spécisme me semble définit assez clairement et simplement dans ce lien : http://encyclo-philo.fr/specisme-a/
    “Le spécisme est donc tout simplement la discrimination basée sur l’appartenance d’espèce.”
    Les distinctions direct/indirect ne sont pas du tout nécessaires à la compréhension du terme et la différence absolu/indexical tient réellement de la science fiction.

    • Hermine
      Répondre

      Merci ! On avait bien sûr déjà épluché les définitions existantes, c’est même de là (et de la confusion générale autour de la compréhension de cette notion, bonne définition ou pas) qu’ont découlé toutes nos questions et réflexions quant à la pertinence de la construction du mot et aux limites du concept (limites du champ d’application de sa définition, parallèles plus ou moins brumeux avec le racisme et le sexisme, etc.).

    • Gurren
      Répondre

      Ce lien est même dans la description…

      • L'Olf
        Répondre

        Je n’ai pas dit le contraire, je ne fais que rebondir sur vos commentaires à son sujet ^^
        Du love

  • nessbyz
    Répondre

    Je réitère ma question à propos de l’ essai sur les fourmis, 8o% meurent lorsqu’ on les dépose sur un sol non stérile et qu’ elle n’ ont été soignées auparevant ! Est ce végane ?
    Les écologues utilisent des moyens simples afin de respecter l’ intégrité, ce n’ est pas le cas là.

  • Hélène
    Répondre

    Un grand merci pour ce podcast! Non seulement vous soulevez des réflexions passionnantes, mais surtout vous apportez une dose de pragmatisme et d’honnêté intellectuelle qui manque parfois cruellement. Vegan depuis peu, je cherche beaucoup à me renseigner sur le véganisme et sans vouloir faire de généralités, j’avoue que parfois, entre d’un côté les raisonnements simplificateurs à outrance sur lesquels je peux tomber et les arguments cités sans aucune source, et de l’autre les volontés d’intellectualisation excessive du mouvement à grands coups d’antispécisme (je suis rassurée de ne pas être la seule à ne pas avoir tout compris au concept), je suis un peu perdue. Je dois même dire que face à certaines réflexions que j’ai pu lire ça et là, j’ai pu avoir l’impression que je ne pourrai jamais faire assez pour être une « bonne » vegan. Merci donc à vous pour cette discussion rafraîchissante de réalisme et d’arguments construits et documentés (et merci notamment à Hermine pour toutes ses précisions scientifiques, j’apprends beaucoup et c’est vraiment indispensable à toute réflexion nuancée à mon sens !), sans manichéisme et toujours passionnante. Pardon pour ce commentaire à rallonge mais c’était important pour moi de vous dire à quel point ce podcast m’avait fait du bien à entendre !

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