Les Carencés #20 – Nutellagate

Bonjour à tou·te·s les amiiiiiiiiiii-e-s. On se retrouve aujourd’hui dans ce vingtième épisode, le “Nutellagate”. Nous revenons d’abord sur l’actualité plutôt mouvementée de la cause animale, et on poursuit l’écoute avec un nouveau top caravane ainsi que deux TMTC (merci Matthieu et Zattilio). En fin d’émission, plusieurs dossiers vous sont proposés, dont un portant le titre de ce podcast, et qui tord le cou aux idées reçues sur l’huile de palme. Bonne écoute !

Edit : le rapport de l’IUCN (L’Union Internationale pour la Conservation de la Nature) est sorti plusieurs semaines après le podcast et confirme tous les aspects évoqués et analysés par Hermine :
https://www.iucn.org/fr/news/secretariat/201806/dire-non-a-l-huile-de-palme-ne-ferait-que-deplacer-la-perte-des-especes-sans-y-mettre-un-terme-le-rapport-de-l-uicn

Le programme (+ les sources)


Top Caravane

Les Carencés #20 – Top 5


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Showing 9 comments
  • Clem
    Répondre

    Le commentaire sur le miel est intéressant. On oublie par contre de souligner le rôle efficace de l’abeille domestique dans la pollinisation de cultures. Les pollinisateurs sauvages ont bien sur un rôle à jouer, mais dans un contexte de grande production, l’abeille domestique est fort utile

    • Hermine
      Répondre

      Mais ne sont-elles pas justement “efficaces” parce qu’on les a rendues pollinisateurs majoritaires en nombre ? Elles contribueraient même ainsi de différentes façons à la diminution du nombre de pollinisateurs sauvages, les mettant en danger de disparition.
      Du coup, sans nier leur rôle actuel, bien sûr, il me semble être un raccourci un peu fallacieux d’affirmer que ce sont les abeilles domestiques qui sont efficaces.
      La situation est forcément complexe à appréhender, mais l’idée de ce commentaire est bien que la priorité aujourd’hui est donnée à l’étude et la gestion des abeilles domestiques au détriment des autres pollinisateurs auxquels on laisse finalement très peu de chances.
      Je vous invite à lire les ressources que je propose qui sont un peu plus détaillées, même si évidemment elles n’ont pas réponse à tout, c’est impossible.
      J’imagine que l’idéal serait bien sûr d’avoir de la place pour toutes les espèces, domestiquées ou non, et sans avoir à les exploiter 🙂

      • Hermine
        Répondre

        Mais effectivement, à la réflexion, j’aurais pu ajouter une petite phrase précisant leur rôle actuel dans les cultures, même si elles n’aident pas à la conservation de l’environnement (et c’est bien cette confusion qui pose problème par rapport aux autres pollinisateurs).
        C’est toute la difficulté de vouloir faire preuve de concision sans noyer l’idée principale.
        C’est sans doute pour compenser cette concision que j’ai tendance à mettre autant de sources 😅

  • Lionel
    Répondre

    Bonjour Hermine,
    Comme prévu, j’aimerais revenir sur votre chronique sur l’huile de palme et sur vos propos estimant “simpliste le boycott de cette pâte à tartiner”.
    J’avoue ne pas avoir compris votre démarche intellectuelle surtout que je suis d’accord avec votre approche finale comme quoi l’huile de palme questionne notre modèle de consommation et notre économie et qu’il y a des incidences complexes à boycotter cette marque de pâte à tartiner.
    Je vais donc vous donner les raisons de mon boycott:
    – L’huile de palme certifié durable ou non a un impact négatif sur le vivant. Pour moi, cela devrait suffir mais j’ai quand même d’autres arguments.
    – L’entreprise ciblée est un symbole de la malbouffe. Et pour info, je revendique à perdre mon énergie à lire les étiquettes. C’est pour moi essentiel dans mon rôle de consomacteur surtout vegan et zéro déchet.
    -L’entreprise ciblée utilise dans sa communication les lobbys et des approches publicitaires tronquées. Même si elle s’appuie sur des ONG qui travaillent pour limiter l’effet catastrophique de la production de l’huile de palme, cela reste néfaste pour notre planète et les populations (humaines ou non humaines) locales. Mon propos n’est pas de remettre en question l’effet positif des ONG. Si je peux me permettre une comparaison, dire que la pauvreté ne devrait pas exister ce n’est pas avoir un avis négatif sur les nombreuses associations qui bataillent au quotidien pour compenser les différents manquements de nos sociétés.
    – Cette entreprise fait partie de cette caste de l’agroalimentaire où LE seul objectif est le profit. En tant que vegan, c’est forcément un argument qui me touche. C’est certes un symbole et bien d’autres entreprises pourraient être aussi boycottées. Par contre, sur cette entreprise, il y a un consensus important. Profitons en. ET CE N’EST PAS UNE PERTE DE TEMPS, loin de là.

    Plus qu’une marque, c’est un système qui est à remettre en cause et l’huile de palme est un symbole, un maillon “fragile” pour le remettre en question. Il y en a bien d’autres mais cela sera pour un de mes prochains commentaires.

    A bientôt et merci pour vos podcasts.

    • Hermine
      Répondre

      Bonjour,

      Merci de votre retour.
      Ma démarche intellectuelle est en fait celle des ONG que j’ai contactées et des rapports et publications scientifiques sur le sujet.

      Maintenant, je comprends complètement votre démarche contre la malbouffe, mais c’est autre chose : là on parle d’efficacité dans le message pour lutter contre la déforestation (dont l’huile de palme n’est qu’une motivation : les industries du caoutchouc, du café, du cacao ou de l’acacia font actuellement de vrais ravages, mais personne n’appelle à leur boycott).

      Je comprends aussi votre démarche contre ces gros industriels, et on est parfaitement d’accord. Seulement, plutôt que d’attendre simplement le bouleversement de notre société et de notre modèle économique, il faut faire pression efficacement sur les industriels et les gouvernements pour réclamer une hdp garantie zéro déforestation (même si vous n’achetez pas leurs produits de toute façon). Et pour l’instant ce n’est pas Nutella le mauvais élève. Donc, comme je le dis mot pour mot dans ma chronique, quitte à interpeler des marques, interpelez PepsiCo, Mondelez, Mars, ou encore KraftHeinz qui sont toujours pointées du doigt par le ran, notamment à cause de leur lien direct avec la déforestation (et qui, au passage, représentent aussi tout ce que vous détestez). Pas une marque qui est au vert à tous les niveaux depuis longtemps sur ce sujet (même si pour vous c’est un symbole de tout ce qui va mal dans notre société, et je ne peux pas vous contredire là-dessus ! Mais ce n’est pas du tout un choix judicieux dans ce contexte).

      Par ailleurs, vous avez une idée fausse de l’huile de palme au départ. Elle n’a pas été inventée par les industriels, contrairement à ce que vous avez l’air de penser. C’est juste issu du fruit d’un palmier qui est utilisé depuis très longtemps par les populations locales. C’est la demande (et dernièrement surtout celle pour les biocarburants qui est en train d’exploser), et surtout la mauvaise gestion du territoire par les différents acteurs, qui rendent ce désastre possible. Maintenant, comme je l’ai dit aussi, l’huile de palme a un rendement incomparable aux autres, en plus de propriétés physico-chimiques particulières, et utiliser des alternatives demanderait probablement bien plus de terres et de ressources, ce qui créerait d’autres problèmes, dont encore plus de déforestation ! Voilà pourquoi, entre autres, un simple appel au boycott peut s’avérer complètement contre-productif.

      Mais visiblement je n’ai pas été claire pour vous et j’en suis désolée, je vous laisse donc consulter les ressources que je propose pour mieux appréhender la complexité de la situation et comprendre, je l’espère, pourquoi une photo d’orang-outan agonisant à côté d’un pot de Nutella Photoshoppé, ou un simple appel au boycott (qui est en pratique IMPOSSIBLE, tant l’huile de palme est ubiquitaire), sans aucune autre forme de réflexion, ne peut pas être une campagne efficace pour lutter contre la déforestation.

      Bonne soirée et merci pour votre écoute.

  • Anaïs
    Répondre

    Sur l’acupuncture, l’aromathérapie et l’homéopathie que Gurren descend complètement et sans nuances, au secours. Je suis super déçue de cette attaque. L’acupuncture est une discipline millénaire qui a largement fait ses preuves. L’aromathérapie, “du vent” ? Dit celui qui n’a jamais testé, c’est pas possible !

    • gurren vegan
      Répondre

      Sources ?

  • Andy Smiley
    Répondre

    => Sujet Huile de Palme :

    Concernant l’Huile de Palme, je suis d’accord avec la plupart des points évoqués :

    Le boycott de l’huile de palme n’est pas suffisant
    Consommer pareil et remplacer l’huile de palme avec d’autres huiles moins rentables c’est pire.
    Consommer moins et consommer mieux (Local / Bio / Commerce Equitable), c’est mieux que juste de boycotter l’huile de palme.

    Mais par contre je ne suis pas d’accord avec la validation de l’Huile de Palme Bio ou Responsable qui n’est à ce jour qu’un label peu fiable concernant la Déforestation (+ Exploitation des Humain-e-s d’ailleurs).

    Problème dénoncé notamment dans un article du Nouvel Obs : “Huile de palme “durable” : un outil de greenwashing pour berner le consommateur” (2015)

    => Conclusion :

    Selon moi, la meilleure chose à faire ne serait pas d’arrêter les campagnes de boycott de l’huile de palme.

    Il faudrait plutôt continuer (parce-que c’est encore l’une des premières cause de déforestation, et que ça ralentirait un peu le problème).

    Et SURTOUT l’accompagner de campagnes sur la Production (à destination des marques et product-eurs/rices) et Consommation Responsable (à tous les niveaux) !

    Locale (Origine France / Union Européenne)
    Bio
    Vegan
    Zero Waste
    Commerce Equitable
    Sans Déforestation
    et tout ce qui nous permettrait de vivre sans impacter de façon trop négative notre environnement et les personnes qui y cohabitent.

    • Hermine
      Répondre

      Merci pour votre expertise. Elle semble cependant manquer cruellement de prise en compte de la complexité des enjeux, ainsi que de pragmatisme en termes de production à grande échelle et de réalités de consommation (qui ne vont pas changer du jour au lendemain, même avec la meilleure volonté du monde de convertir les gens au local/bio/zéro déchet/tout ce que vous voulez d’autre).
      Un appel au boycott (boycott en pratique impossible, je le rappelle) ne fait actuellement que motiver les petites marques à tout faire pour être estampillées “sans huile de palme”, quitte à utiliser par ignorance d’autres huiles aux conséquences encore plus douteuses.
      Et pendant que vous vous lessivez à essayer de convaincre tout le monde de suivre votre exemple de mode de consommation (au-delà du mépris de classe et de la posture prétentieuse que ça implique) et en attendant un bouleversement hypothétique et probablement lointain de notre système économique, les grands groupes industriels continuent de déforester à foison pour l’huile de palme parce que cet appel au boycott n’a pas vraiment de conséquences pour eux à grande échelle, à part un peu d’indignation par des gens comme vous qui de toute façon ne consomment pas leurs produits au départ.
      Ce qui semble être aussi une réalité est que si les consommateurs/industriels “occidentaux” ne réclament pas une huile de palme zéro déforestation, ce ne sont apparemment pas les consommateurs locaux qui le feront, car ce n’est pas en tête de leurs préoccupations (d’après les ONG, cf les sources au-dessus).
      Donc oui, un appel au boycott de l’huile de palme risque d’être plutôt contreproductif en plus d’être une perte de temps.
      Le problème n’est pas l’huile de palme, mais la déforestation, dûe en grande partie à une mauvaise gestion des terres, à la corruption des autorités locales et à la mauvaise application des réglementations, peut-être encore plus que la demande qui explose, notamment pour les biocarburants. Sur le même schéma, le caoutchouc, le bois, le papier sont aussi des causes inquiétantes de déforestation. En toute logique, il faudrait donc appeler également à leur boycott.
      Par ailleurs, vous évoquez une “validation” que je ne prononce absolument pas pendant ma chronique. Je vous prierai donc de respecter mes propos et de ne pas les déformer ni de m’en inventer d’autres. Encore une fois, la situation est très complexe, donc la certification idéale n’existe pas (mais contrairement aux autres motifs/cultures qui poussent à la déforestation, il existe au moins des certifications pour l’huile de palme, même si elles sont encore critiquables et ont besoin d’être améliorées). Je ne me permettrais donc pas de “valider” quoi que ce soit, d’autant plus que je n’ai absolument pas la prétention d’être dans une quelconque posture qui m’y autorise.
      Bref, tout ça n’est qu’une partie de toute la complexité des enjeux que j’ai essayé de mettre en avant dans ma chronique, en m’appuyant sur une série de sources (que je vous invite à lire), et après avoir été en contact avec des ONG pour m’éclairer. J’ai pas mal partagé sur le sujet sur Twitter depuis, avec d’autres liens, si ça vous intéresse. J’ai aussi fait une mise au point dans le 21.
      Bien entendu, si vous avez des sources étayées d’experts qui appuient la pertinence de votre analyse et la faisabilité (donc, entre autres, un bouleversement de notre système et l’acceptation d’une grande part de la population mondiale de changer son mode de vie comme vous l’entendez) de la mise en place rapide, car urgente, de vos recommandations à grande échelle, je les lirai évidemment avec attention.

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Les Carencés #21 - Florence Dellerie